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La petite histoire de MEC : comment tout a débuté

Vers la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, l'escalade n'était pas encore très populaire, ce qui rendait le matériel rarissime. Les grimpeurs et les alpinistes de Vancouver voulant s'attaquer aux montagnes de la région devaient faire des pieds et des mains pour s'approvisionner en cordes et en piolets, sans compter les prix exorbitants. C'est pourquoi la plupart des voyages d'escalade commençaient d'abord par un détour de l'autre côté de la frontière, au magasin REI à Seattle.

Une idée voit le jour

À l'époque, la communauté de grimpeurs était surtout composée d'étudiants universitaires fauchés. Pour éviter de devoir payer les frais de douanes, ils utilisaient l'équipement acheté avant de revenir pour lui donner un air usé. Mais à la longue, des rumeurs commençaient à circuler : on affirmait que des policiers de la GRC rôdaient dans le stationnement de REI pour noter les numéros des plaques d'immatriculation canadiennes. À long terme, transporter du matériel devenait risqué ; il fallait trouver une solution de rechange.

L'idée d'offrir du matériel de plein air au Canada a germé lors d'un voyage au mont Baker en 1970 alors qu'un groupe de quatre grimpeurs s'est retrouvé coincé au camp de base par une pluie battante. Sans rien d'autre à faire que de discuter, ils jonglent avec l'idée d'ouvrir un magasin d'équipement de plein air à Vancouver. Au cours des jours suivants, la chimère prend forme et les quatre compères s'engagent à ouvrir au Canada un magasin à l'image de REI, une coopérative à maigres profits et aux idéaux démocratiques.

« Le modèle économique de la coopérative me semblait aussi viable que celle d'une entreprise privée. »
Jim Byers, membre fondateur de MEC

Avant de pouvoir lancer ses opérations, le groupe devait d'abord ébaucher un plan pour acquérir un capital de départ. Ils examinent d'abord une structure qui aurait surtout profité à ses fondateurs : un groupe de dix à douze personnes vendant de l'équipement au public. Finalement, ils décident de donner à leur entreprise la forme d'une coopérative de consommation qui émettrait un nombre illimité de parts de membre à valeur égale, et qui vendrait du matériel pour l'escalade, l'alpinisme, le ski de montagne et la randonnée. On décide donc de fixer à 5 $ le coût de la carte de membre, mais avec ce maigre fonds de roulement, les membres doivent payer leurs achats d'avance et faire confiance à MEC pour livrer la marchandise.

Les premières années

Au tout début, REI et MSR, une autre petite entreprise basée à Seattle, ont accepté de vendre au petit groupe du matériel au prix du gros. Avec une maigre marge bénéficiaire de 20 %, la nouvelle coopérative pouvait maintenant acheter en gros, payer les déplacements et les dépenses encourues tout en restant compétitive sur le marché de Vancouver. Peu à peu, il fut possible d'acheter quelques pièces de matériel sans avance de paiement. Les membres fondateurs se rendaient aux réunions des clubs de plein air pour montrer le matériel, discuter avec les gens et vendre l'idée de la coopérative.

Durant les trois premières années, MEC était gérée uniquement par des bénévoles. Ce n'est qu'à partir de 1974, lorsque l'entreprise a eu les moyens d'ouvrir un magasin et de tenir un inventaire, que les employés ont pu toucher un salaire. Bien sûr, les premiers magasins avaient pour objectif de vendre de l'équipement, mais au départ, ils étaient surtout une sorte de prolongement des clubs de plein air : un endroit pour planifier des sorties, solliciter des conseils et échanger sur les produits.

Au début, les choses n'étaient pas faciles. Des conflits ont surgi et l'argent se faisait rare. De plus, certains fournisseurs refusaient de vendre à cette entreprise qui ne respectait pas les prix suggérés. Mais au bout du compte, la philosophie d'affaires que prônait la coop a fait son chemin. Certaines personnes étaient prêtes à investir temps et énergie, et à devenir de fidèles clients. Forte de la confiance qu'accordait une poignée de membres à cette coopérative, MEC est devenue au fil du temps une entreprise prospère.


Certificat de constitution

1971 Mountain Equipment Co-op est officiellement constituée le 2 août, avec six membres et 65 $ de capital d'exploitation.


Catalogue de 1972

1972 Le premier catalogue tenant sur une seule page est affiché dans le local de l'Association étudiante de l'Université de la Colombie-Britannique. À la fin de l'année, le nombre de membres atteint 250 et les opérations déménagent dans l'édifice Dominion, sur la rue Hastings Ouest.
1973 Le magasin déménage au 2068, 4e Avenue Ouest pour pouvoir entreposer le matériel. La mission de MEC est couchée par écrit (et a peu changé depuis).


Catalogue de 1974

1974 Le nombre de membres est alors de 700. Le premier catalogue imprimé est envoyé par la poste.


Catalogue de 1976

1976 Le conseil d'administration vote en faveur d'une redistribution des profits aux membres de sous forme de ristourne en proportion au montant de leurs achats.


Catalogue de 1977

1977 L'entreprise existante Canadian Mountain Co-operative vote en faveur d'être absorbée par MEC. Nous conduisons un camion U-Haul rempli de matériel jusqu'à Calgary, Alberta, pour y ouvrir un magasin.
1978 Les vêtements imperméables bénéficient d'une avancée technologique majeure avec l'avènement des parkas, des pantalons et des anoraks en Gore-Tex.


Catalogue de 1979

1979 MEC et Hine-Snowbridge collaborent pour mettre sur pied une usine canadienne de fabrication de sacs à dos et de sacoches de vélo. L'usine devient Serratus Mountain Products.


Catalogue de 1980

1980 Nous menons un premier sondage pour connaître l'opinion des membres à notre sujet. Ceux-ci notent que les magasins devraient améliorer la disponibilité des produits (ce n'était pas la première fois que ce commentaire était émis).
1981 MEC franchit le cap des 57 000 membres.


Catalogue de 1982

1982 Le magasin de Vancouver déménage sur la 8e Avenue Ouest, où il reste durant une douzaine d'années.


Catalogue de 1983

1983 MEC accepte maintenant de se faire payer par carte de crédit. Les membres qui paient en espèces bénéficient d'un rabais de 2 % et l'adhésion doit être payée en espèces.


Catalogue de 1985

1985 Pour la première fois, il y a plus de candidats que de nombre de sièges vacants au conseil d'administration. On demande un vote par bulletin de vote postal. Avant cette année, les élections étaient gagnées par acclamation.
MEC ouvre un magasin à Toronto.


Catalogue de 1986

1986 MEC achète Serratus par l'intermédiaire d'une filiale, Pelion Mountain Products. 97 % de toute la production est vendue par MEC.


Catalogue de 1987

1987 Le Fonds pour l'environnement MEC est créé et MEC fait un don à la Federation of Mountain Clubs of BC pour l'acquisition d'un terrain comprenant le parc Smoke Bluffs, un endroit très populaire auprès des grimpeurs et menacé par des projets de développement. Smoke Bluffs a été acheté pour 70 000 $.
MEC procède à un rachat de parts sociales d'une valeur de 350 000 $.


Catalogue de 1988

1988 MEC crée son Service de développement des produits. Le Parka en Gore-Tex Nevé est le premier produit de marque MEC. On pensait d'abord qu'une production de 1600 manteaux serait amplement suffisante. À la fin de l'année, 10 000 manteaux avaient été fabriqués.


Catalogue de 1989

1989 Un grand nombre d'employés prennent congé pour nettoyer un déversement de pétrole sur la côte ouest de l'île de Vancouver. Les employés sont rémunérés et leurs dépenses remboursées.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 650 000 $.


Catalogue de 1990

1990 Le nombre de membres atteint 250 000, ce qui équivaut, à cette époque, à 1 % de la population canadienne.


Catalogue de 1991

1991 La coopérative fête ses vingt ans, compte 330 000 membres et enregistre un chiffre d'affaires de 36,5 millions.


Catalogue de1992

1992 MEC ouvre un magasin à Ottawa.


Catalogue de1993

1993 Le Fonds de dotation écologique de MEC est établi pour soutenir la création de parcs et d'aires protégées.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 900 000 $.


Catalogue de 1994

1994 MEC se lance dans la conception de manteaux et de pantalons en polyester recyclé composé de bouteilles de plastique.
Le conseil d'administration adopte une politique qui stipule que les nouveaux édifices et les projets de rénovation doivent faire l'objet d'une étude environnementale.


Catalogue de 1995

1995 MEC subventionne 47 projets environnementaux, y compris une subvention de 100 000 $ pour l'acquisition de l'île Jedediah, en Colombie-Britannique, qui sera deviendra un parc provincial.


Catalogue de 1996

1996 Dans le cadre d'un sondage, 44,9 % des membres répondent qu'ils seraient prêts à utiliser le Web pour obtenir des renseignements ou communiquer avec la coopérative.


Catalogue de 1997

1997 MEC accueille son millionième membre. À la fin de l'année, le site mec.ca est lancé. Il s'agit d'un simple bulletin électronique sur la grande nature.


Catalogue de 1998

1998 Une gamme de vêtements faits de coton issu de culture biologique est lancée.
Le magasin d'Edmonton ouvre ses portes.


Catalogue de 1999

1999 La technologie propre aux sacs à dos évolue à un point tel que MEC n'offre plus de sacs dotés d'une armature externe, jadis un incontournable dans le domaine du plein air.


Catalogue de 2000

2000 Les planches divisibles viennent compléter notre assortiment de produits. Les planchistes commencent à s'aventurer en haute montagne.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 1,2 million.


Catalogue de 2001

2001 Notre site Web devient transactionnel et permet aux membres d'acheter des produits en ligne. Un magasin MEC ouvre ses portes à Halifax.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 1,2 million.


Catalogue de 2002

2002 MEC ouvre un magasin à Winnipeg. Il devient l'immeuble de commerce de détail le plus écologique au Canada.


Catalogue de 2003

2003 La coopérative dépose ses pénates au Québec. MEC ouvre un magasin à Montréal et traduit désormais toutes ses communications vers le français.


Catalogue de 2004

2004 MEC ouvre un magasin dans la ville de Québec et un autre à North Vancouver. Le nombre de membres franchit le cap des 2 millions.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 1 million.


Catalogue de 2005

2005 MEC prend l'une des décisions les plus difficiles et controversées de son histoire : fermer l'usine Serratus en raison d'une diminution constante des ventes depuis plusieurs années.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 2 millions.


Catalogue de 2006

2006 Le site transactionnel mec.ca est entièrement bilingue.
Un magasin MEC ouvre à Victoria.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 2,1 millions.


Catalogue de 2007

2007 MEC s'associe à 1 % pour la planète, une association d'entreprises qui versent 1 % de leur chiffre d'affaires à des projets de conservation.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 3,6 millions.


Catalogue de 2008

2008 Le magasin MEC de Burlington ouvre ses portes.


Catalogue de 2009

2009 Le nombre de membres de Mountain Equipment Co-op atteint 3 millions, soit près de 10 % de la population du Canada. MEC ouvre un magasin à Longueuil.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 344 000 $.


Catalogue de 2010

2010 Un magasin MEC ouvre à Barrie.
MEC procède à un rachat de parts sociales de 2,2 millions.


Catalogue de 2011

2011 La coopérative fête ses 40 ans. Elle réalise un chiffre d'affaires annuel de 261 millions grâce à ses 3,3 millions de membres.


2012 website

2012 MEC ouvre sa première boutique sur la rue Saint-Denis à Montréal. Le lancement de l'application MEC sur iPhone permet aux gens d'acheter une part sociale et des produits à partir de leur téléphone cellulaire.

Nous aimerions remercier nos six membres fondateurs pour leur vision, leur dévouement et leur droiture : David Wingate, Roland Burton, Jim Byers, Rob Brusse, Sara Oliver et Sara Golling. Durant les 40 années à titre de membres de la coopérative, aucun d'entre eux n'en a tiré profit personnellement. En effet, leur part sociale originale vaut toujours 5 $, personne n'a fait l'objet de poursuites judiciaires et ils se rencontrent toujours pour leurs séances de diapositives et pour leurs dîners annuels.