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S’intégrer, un coup de pagaie à la fois

14 juin 2017

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Arriver dans un nouveau pays comporte toujours son lot de défis à surmonter, on s’en doute : se trouver un emploi, s’adapter à la langue, au climat, aux habitudes culturelles sans compter toute la paperasse…

Heureusement, il y a des organismes qui offrent des programmes pour initier les nouveaux arrivants aux activités de plein air qui se pratiquent dans notre belle province et, du coup, leur faire découvrir une part de notre héritage et de notre mode de vie tout en favorisant les rapprochements interculturels. Et c’est justement l’une des missions du programme Plein air interculturel de l’Association récréative Milton-Parc de Montréal, soutenu financièrement par Génération plein air MEC.

Ce printemps, Xochitl Barbosa, Mexicaine de 30 ans récemment établie à Montréal, a participé à une initiation interculturelle au kayak dans le cadre de ce programme. L’activité, donnée en partenariat avec le Club de canoë-kayak d’eau vive de Montréal, permet aux participants d’apprendre les rudiments du kayak de rivière à la piscine du Centre Jean-Claude Malépart.****

Adrienne Blattel, fondatrice et coordinatrice et du programme Plein air interculturel, s’est entretenue avec elle.

Est-ce la première fois que tu faisais du kayak ?

J’en ai fait une fois il y a 10 ans. C’était complètement différent de ce que nous avons fait aujourd’hui, car c’était en kayak double. Donc, oui, je peux dire que c’était la première fois.

Qu’est-ce qui t’a incitée à t’inscrire à cette activité ?

J’ai habité en Nouvelle-Zélande pendant un an et j’ai vu plusieurs personnes en kayak. Ça me semblait intéressant, mais j’avais peur de l’eau et je ne savais pas nager à l’époque. J’ai donc décidé de suivre des cours pour apprendre à nager une fois arrivée à Montréal. Petit à petit, j’ai gagné en confiance et je m’améliorais. Après avoir vu passer plusieurs fois l’annonce pour l’activité de kayak, j’ai finalement décidé de foncer.

Pratiques-tu d’autres sports ou loisirs de plein air ?

Quand j’étais petite, je faisais beaucoup de vélo. J’ai grandi à la campagne au centre du Mexique, dans l’état de Guanajuato. Je pédalais partout, tout le temps. Aujourd’hui, je fais de la natation et je marche beaucoup avec mon bébé dans sa poussette.

Quand es-tu arrivée à Montréal ?

Je me suis installée à Montréal avec mon conjoint en mai 2016. Formée comme ingénieure chimique au Mexique, j’étais déjà venue à Montréal à l’été 2009 pour suivre un programme de recherche à l’École de technologie supérieure. J’étudie maintenant pour obtenir un certificat en santé et sécurité au travail. J’ai aussi un fils qui est né ici au Canada; il a 9 mois.

Aimes-tu Montréal ?

Oui, j’adore Montréal et j’aimerais explorer la ville davantage cet été. Quand nous sommes arrivés, il y avait tellement de documents à remplir et j’étais enceinte en plus… donc j’avais très peu de temps pour découvrir la ville.

Pendant l’initiation au kayak, qu’est-ce qui t’a surpris le plus ?

La première activité : à bord du kayak, on devait faire chavirer l’embarcation pour s’en extirper sous l’eau (c.-à-d., faire un dessalage). Je ne m’attendais pas à faire ça si tôt. J’étais vraiment nerveuse d’aller sous l’eau. J’avais peur de rester coincée, mais un bénévole m’a aidé, m’a tout expliqué et m’a rassurée.

Quelle a été ton expérience par rapport aux autres manœuvres que tu as pratiquées en kayak ?

Chaque fois que j’essayais d’aller à droite, j’allais à gauche. Quand j’essayais d’aller tout droit, je tournais en rond. Finalement, j’ai décidé de pagayer très doucement pour vraiment observer ce qui se passait à chaque coup de pagaie.

Est-ce que ton conjoint apprendra aussi à pagayer en kayak ?

Oui, mais il faudrait qu’il apprenne à nager d’abord. Au centre du Mexique, nous sommes loin des lacs et de l’océan. La plupart des gens n’apprennent pas à nager, seulement s’ils sont très motivés.

Penses-tu qu’il est important pour les nouveaux arrivants d’avoir accès à ce genre d’activité ?

Oui, car c’est une façon pour nous de s’intégrer à notre pays d’accueil et de mieux connaître de nouveaux modes de vie. En plus, le fleuve est tout près. J’adorerais aller sur le fleuve en kayak pour voir Montréal autrement. C’est aussi une belle façon de rencontrer des gens. Je n’avais aucune idée que le kayak pouvait être une activité aussi sociale.

Selon toi, quels sont les obstacles qui empêchent les jeunes de pratiquer des activités de plein air ?

Les coûts peuvent représenter un obstacle. Aussi, le fait de ne connaître personne qui pratique l’activité n’aide pas. Enfin, les jeunes peuvent être très occupés par leur travail; ils n’ont pas toujours le temps de se consacrer à une nouvelle activité dans leur temps libre.

Aimerais-tu continuer à pratiquer le kayak ?

Oui, mais d’abord j’aimerais me sentir encore plus à l’aise en natation. Ensuite, j’aimerais essayer le kayak de rivière, mais en eau très calme pour voir comment ça se passe.

En terminant, as-tu d’autres réflexions à partager avec nous ?

Oui, je souhaite dire combien j’ai été ravie d’avoir eu l’occasion d’essayer cette activité. Je ne pensais pas que ça se concrétiserait cette année. Ce n’est pas toujours évident pour les familles avec de jeunes enfants comme la mienne de trouver du temps pour apprendre une nouvelle activité, mais ce programme nous en donne l’occasion et j’en suis très reconnaissante.


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