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Courir au boulot cet hiver : 5 choses à savoir

Lorsque j’ai déménagé à Gatineau en 2012, mes critères de recherche d’appartement étaient assez simples : un beau sentier de course à pied d’environ cinq kilomètres devait me séparer du travail. Six ans et 7 000 km plus tard, je suis toujours surpris de lire la stupéfaction sur le visage de mes collègues quand je leur dis que non seulement je cours au travail, mais que je le fais même en hiver.

Faire la navette à la course durant la saison froide comporte certainement quelques défis, mais c’est en fait à ce moment-là que la course présente le plus d’avantages par rapport aux autres moyens de transport : pas d’attente au froid dans un abribus, pas de voiture à déneiger, pas de retard à cause d’une tempête, c’est écologique et ça tient en forme ! Voici donc quelques astuces qui, j’espère, vous permettront de faire vos premiers pas de course vers le boulot ou de rendre votre foulée plus efficace si vous êtes déjà adepte.

1. La modération a bien meilleur goût

Débuter de façon trop intense et parcourir de longues distances au départ entraînera presque assurément des blessures ou une fatigue excessive. Si vous êtes plutôt novices, je vous recommande de courir de deux à trois jours par semaine sur le chemin du retour seulement. Même pour les coureurs d’expérience, un trajet de huit à dix kilomètres par jour est à mon avis le maximum souhaitable. La distance qui vous sépare du travail est trop longue ? Faites une partie du trajet en autobus et débarquez quand il y a trop de congestion routière.

2. L’habit fait le moine

À -20 °C, trouver l’équilibre entre ne pas avoir froid et ne pas avoir trop chaud est difficile et nécessite plusieurs tests. Des vêtements respirants de qualité sont la clé. Dans mon cas, la combinaison gagnante pour le haut du corps est une couche de base en mérinos et un bon manteau de course et d’entraînement.

3. Ne jouez pas au sherpa…

Même si certaines personnes seront impressionnées de vous voir transporter un gros sac à dos, votre corps vous trouvera moins fin finaud. Laissez le maximum de choses au travail (souliers, ceinture, articles pour la douche) et apportez des vêtements pour toute la semaine lorsque vous prendrez l’autobus. Pour la nourriture, transportez également le minimum et laissez de la nourriture sèche au bureau (noix, barres, céréales, fruits séchés, etc.). Personnellement, j’adore les sacs à dos Trail 20 de Salomon et Talon 22 d’Osprey, car ils sont légers tout en étant assez grands pour contenir des vêtements et mon dîner et offrent un excellent soutien pour le dos.

4. … ni au cordonnier mal chaussé

Si vous êtes distraits autant que moi, les risques de chutes en hiver sont assez élevés. Dans 95 % des cas, une paire de soulier de course sur sentier avec de bons crampons assez mous est l’idéal. J’utilise les Sense Ride GTX Invisible Fit ou les Sense Pro 3 de Salomon. Et quand c’est vraiment glacé, les crampons sont essentiels.

5. Lentement, mais sûrement

Faire la navette à la course entre le boulot et la maison n’est pas une compétition, mais plutôt une occasion de relaxer et de lâcher prise, surtout après une longue journée. Personnellement, je ne porte jamais de montre de course et me fie totalement à mes sensations. Certains jours, je vais très lentement et marche une bonne partie du trajet pour diverses raisons : fatigue, faim, neige, glace… D’autres jours, je suis tout simplement heureux de me retrouver en plein air après avoir passé huit heures dans un bureau. Je fais quelques sprints en levant les bras comme si je venais de gagner une médaille olympique.

Conseils des pros

Mathieu Blanchard
13e place à l’Ultra Trail du Mont-Blanc

L’humidité est votre pire ennemi. Alors, bien respecter la règle des trois couches pour le haut du corps vous gardera au sec : une première pour absorber la sueur, une deuxième pour conserver la chaleur et une troisième pour couper le vent et la pluie. Un bon repère : vous devez grelotter pendant quelques minutes au départ pour ensuite vous réchauffer. Pour transporter mes choses, j’opte pour le minimalisme avec la veste S-Lab Sense Ultra-8 Set de Salomon.

Olivier Roy-Baillargeon
Gagnant de la Course des pompiers de Laval

Commencez votre sortie par une bonne montée ou un kilomètre rapide pour vous réchauffer (sans toutefois suer), puis ralentissez progressivement jusqu’à destination pour rester au sec et profiter pleinement du paysage. Mon manteau préféré est le coupe-vent Reflective de New Balance avec fil réfléchissant sur tous les angles et mon sac à dos préféré, le Race X de Deuter.

Julien Lachance
Champion canadien de course en raquette

Prévoyez plus de temps que durant l’été pour vous rendre à destination en raison de la chaussée enneigée ou glacée, du manque d’espace sur les trottoirs ou tout simplement parce que le trajet le plus court n’est pas entretenu. Comme Maxime, mon sac à dos préféré est le Trail 20 de Salomon.

Phil Viau Dupuis
Meilleur Québécois de l’histoire au marathon de Boston

Allez-y beau temps, mauvais temps. Adaptez simplement votre rythme de course et les vêtements que vous portez selon les rigueurs du climat. Mon sac à dos préféré : le Talon 22 d’Osprey.

Marianne Hogan
Gagnante au parcours de 50 miles à la course Behind the Rocks au Colorado

La constance, c’est la clé. Utiliser la course à pied comme moyen de transport au quotidien est une excellente façon de cumuler les kilomètres sans même vous en rendre compte. Mon sac à dos préféré : le Trail 10 de Salomon.

Maxime Leboeuf

Été comme hiver, Maxime s’entraîne en plein air avec sa famille et ses amis. Ses prochaines aventures : les plus belles courses sur sentier du Ultra-Trail World Tour. Maxime est aussi le fondateur de l’organisme Unis pour le sport.