Yuki with friends on a hike with mountain and water scenery behind them

Le pouvoir des femmes en plein air

Pour souligner la Journée internationale des femmes le 8 mars, nous voulons partager l’histoire de femmes inspirantes qui ont trouvé leur place dans l’univers du plein air – et qui souhaitent inspirer leurs consœurs à faire de même. Donc, voici Anita Naidu, Sandy Ward et Yuki Tsubota livrant leurs pensées sur divers sujets, de leurs objectifs au matériel pour y arriver. Lisez d’où elles puisent leur force, leurs plus grands moments, leurs conseils de plein air et bien plus encore.

Pour finir, découvrez la subvention pour les expéditions accordée aux femmes, une initiative de la Société géographique royale du Canada (SGRC), en collaboration avec MEC, pour éveiller l’esprit d’aventure.

Anita Naidu

Ambassadrice MEC et entraîneuse en vélo de montagne, mais aussi ingénieure électricienne, lauréate d’un prix humanitaire et aspirante astronaute. @abrownpanther

Anita getting some air mountain biking

Devenir la première athlète professionnelle de vélo de montagne de mon groupe ethnique a été de loin mon plus grand moment dans le domaine du plein air. Je n’avais jamais vu une personne de ma race (une femme, de surcroit!) choisir cette voie, et en l’absence de modèles, il n’y avait pas de chemin tracé pour ce que je voulais faire. Je me suis demandé à de nombreuses reprises si c’était même possible. Mais surtout, le fait de devenir la première athlète professionnelle au sein de mon groupe ethnique me permet de partager mes compétences et d’utiliser mon statut de privilégiée durement gagné pour aider les autres à mieux s’intégrer.

Le plus grand pouvoir que peuvent avoir les femmes en plein air est de refuser catégoriquement d’être moins que ce qu’elles sont réellement. La majorité des schémas établis ne permettent pas naturellement aux femmes et aux jeunes filles de prendre leur place – il est essentiel que nous développions des systèmes d’autonomisation pour ces personnes, en plein air et au-delà. Pour ma part, quand le doute s’installe, ce qui est normal dans les sports de montagne, je reviens à mes positions idéologiques sur les possibilités, et cela m’aide à vaincre la peur et l’hésitation.

Le plus grand pouvoir que peuvent avoir les femmes en plein air est de refuser catégoriquement d’être moins que ce qu’elles sont réellement.

Quelle est ton approche par rapport à tes objectifs?

Les objectifs – qu’ils soient personnels, professionnels ou sportifs – ne se limitent pas à leur réalisation; il s’agit aussi de savoir lesquels valent l’effort. Pour me guider, je me demande si la poursuite d’un objectif m’aide à devenir la personne que je souhaite être dans cinq ou dix ans. Parce que la détermination et l’énergie sont nos ressources les plus précieuses. Ne gaspillez ni l’une ni l’autre sur un projet qui ne vous permet pas de vous rapprocher de vos idéaux. Certains objectifs valent la peine d’être poursuivis s’ils contribuent à révéler le meilleur de vous-même, même si vous ne les atteignez pas.

Anita coaching a mountain biker over a drop on a trail

C’est un privilège de jouer un rôle dans la vie des autres, et je suis aux anges lorsque je peux les aider à atteindre de nouveaux sommets et que je suis témoin de leurs réussites.

À quel moment es-tu le plus heureuse en plein air?

Dans la nature, mon bonheur est de participer à la plus belle journée d’une autre personne. Plus personnellement, j’aime plonger dans l’inconnu, que ce soit de ressentir l’adrénaline d’une nouvelle activité, d’entendre mes skis tracer la poudreuse vierge ou de placer la dernière protection sur une nouvelle voie d’escalade. Dans ce genre de situations, je ne sais pas ce qui m’attend avant la fin de l’aventure alors cela m’oblige à apprivoiser l’incertitude. Ce bonheur n’est surpassé que par la joie d’aider les autres à faire face à leurs propres défis et incertitudes et à atteindre leurs objectifs de plein air.

Certains objectifs valent la peine d’être poursuivis s’ils contribuent à révéler le meilleur de vous-même, même si vous ne les atteignez pas.

Les suggestions d’Anita en matière d’équipement

Sandy Ward

Adepte de planche à neige, de photographie, d’escalade et de vélo de montagne, et cogestionnaire de l’équipe de mentorat de l’organisme Indigenous Women Outdoors. @sutik.maqa7

Sandy in the backcountry, doing a big turn on her snowboard

J’ai vécu un grand moment récemment quand je me suis retrouvée sous les projecteurs comme femme autochtone pratiquant la planche à neige de haute route. Cela peut sembler anodin, mais quand des athlètes autochtones sont mis à l’avant-scène, ils peuvent devenir des modèles auprès des jeunes de la communauté – en espérant que ces modèles les inspirent et les amènent à se fixer des buts qui semblaient auparavant impossibles. J’ai été très chanceuse de rencontrer des planchistes et des skieuses qui m’ont aidée en cours de route, notamment Marie-France Roy, Leah Evans et Claire Smallwood.

Le fait d’être entourée de femmes fortes aux vues similaires m’a permis d’accomplir beaucoup de choses. Par exemple, ma rencontre avec Myia Antone et la fondation de l’organisme Indigenous Women Outdoors fut une expérience extraordinaire. Nous voulons encourager un plus grand nombre de femmes autochtones à pratiquer des sports en éliminant les obstacles de l’accessibilité aux connaissances et à l’équipement. Nous nous soutenons les unes les autres, et ce faisant, nous pouvons réaliser des choses étonnantes. Le fait de montrer des personnes authentiques qui ont du plaisir à jouer dehors donne l’image que le plein air est accessible à tout le monde.

Le fait d’être entourée de femmes fortes aux vues similaires m’a permis d’accomplir beaucoup de choses.

As-tu des conseils à donner aux femmes qui veulent passer plus de temps dehors?

Passez la porte et foncez! Trouvez un·e ou deux ami·e·s et apprenez ensemble. Une autre bonne façon d’apprendre est de faire appel au service d’un·e guide – les guides peuvent partager leur vaste expertise, que ce soit par de simples conseils sur l’équipement ou sur l’interprétation du terrain. Peu importe l’activité, vous y initier avec un·e guide pendant une ou deux journées renforcera votre confiance pour éventuellement vous aventurer seul·e, un jour.

Soyez également aimables les un·e·s envers les autres et soutenez-vous. La nature peut poser des défis et faire peur parfois, et nous pouvons tous et toutes apprendre de l’expérience des autres.

Sandy smiling outside with a snowy forest in the background

Quel est votre lieu de plein air préféré?

Le sommet d’une montagne sur mon territoire ancestral. Au sommet du pic Duffey, je peux apercevoir les montagnes alentour où mes ancêtres se déplaçaient au cours des saisons. Les noms traditionnels cachent des histoires qui peuvent encore nous apprendre. J’adore entendre ces histoires parce qu’elles me donnent l’impression de me rapprocher de la terre.

Soyez également aimables les un·e·s envers les autres et soutenez-vous. La nature peut poser des défis et faire peur parfois, et nous pouvons tous et toutes apprendre de l’expérience des autres.

Les suggestions de Sandy en matière d’équipement

Yuki Tsubota

Ambassadrice MEC, skieuse et deux fois olympienne. Lorsqu’elle n’est pas sur les pentes, elle pratique le vélo, le camping ou le surf à pagaie. @yuki_tsubota
Yuki doing a huge drop on her skis in the backcountry

En tant que femmes, nous sommes liées les unes aux autres. Je n’ai jamais rencontré une femme avec qui je n’avais rien en commun; le partage d’expériences ou d’émotions peut transformer une étrangère en amie. J’aime écouter les femmes, leurs histoires, leurs aventures, les obstacles qu’elles ont surmontés, et retrouver une part de moi en elles.

Quand je fais une activité avec un groupe de femmes, j’ai l’impression qu’il s’en dégage une énergie puissante. À l’époque où je faisais de la compétition, j’ai beaucoup plus appris quand je skiais pour le plaisir avec une gang de filles. On se mettait au défi mutuellement et on s’encourageait.

Quand je fais une activité avec un groupe de femmes, j’ai l’impression qu’il s’en dégage une énergie puissante.

Quelle personne t’inspire?

Je voue encore et toujours une grande admiration à Sarah Burke. C’est en grande partie grâce à elle si j’ai poursuivi mon rêve de devenir une skieuse professionnelle. Elle encourage constamment les jeunes à réaliser leurs rêves et à croire en leurs capacités de skieuses. Et je crois qu’elle continuera de le faire pour les générations à venir.

Yuki and friend in sleeping bags in the backcountry

J’adore m’endormir sous les étoiles dans les hautes montagnes. J’aime même camper sous la pluie battante avec une bâche solide; cela me rappelle les cabanes de mon enfance.

As-tu des conseils à donner aux femmes qui veulent passer plus de temps dehors?

Ne soyez pas intimidé·e. Je sais que c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire, mais nous avons toutes été débutantes un jour, et il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. J’espère pouvoir encourager davantage de femmes à sortir et à profiter du plein air. Passer du temps dehors et pratiquer des activités physiques est bon pour le corps et l’esprit, et tout le monde devrait le faire.

Je pense que si nous pouvions développer des programmes de mentorat, ce serait le moyen le plus sécuritaire et le plus efficace pour encourager les gens à sortir. Il existe une communauté formidable de femmes qui pratiquent le plein air et cette communauté grandit chaque jour. Je compte bien continuer à en faire partie. La plupart des groupes sont accueillants et motivants, il suffit de sortir et d’aller à leur rencontre. Faites le premier pas, ne soyez pas timide.

Nous avons toutes été débutantes un jour, et il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

Les suggestions de Yuki en matière d’équipement

  • Le manteau Synergy de MEC : Je le porte depuis deux saisons et il ne m’a jamais déçu. Une coquille de qualité est cruciale dans l’arrière-pays, surtout dans des conditions humides côtières.
  • Un outil multifonction : Je ne quitte jamais la maison sans en avoir un – il a sauvé la situation à de nombreuses reprises.

Soutien aux expéditions pour les femmes

MEC est fière de s’associer à la Société géographique royale du Canada en tant que fournisseur exclusif d’équipement dans le cadre du programme de soutien aux expéditions pour les femmes (en anglais). Si vous connaissez une femme (ou vous-même) qui a de grands projets d’expédition, il s’agit d’une occasion en or. Cette subvention encourage le leadership et la participation des femmes dans les expéditions au Canada en offrant un financement pour des projets menés seulement par des femmes.

Les demandes de subvention doivent être présentées au début de chaque année civile. Comme les expéditions nécessitant une planification de longue haleine, c’est le moment idéal pour commencer à étudier les cartes, former une équipe et élaborer une proposition d’expédition ambitieuse afin de soumettre une demande de financement avant la date limite, soit le 7 janvier 2022.

Besoin d’inspiration? Melanie Vogel est la plus récente bénéficiaire de la subvention du programme de soutien aux expéditions pour femmes de la SGRC, en association avec MEC. Cette femme a entrepris de parcourir seule 18 000 km à travers le Canada, de l’océan Atlantique au Pacifique, en passant par l’Arctique, sur Le Grand Sentier, le sentier récréatif le plus long au monde.

Jumping people on a dock
Employé·e MEC

Une équipe pancanadienne d’aventurières, de penseurs, d’écrivaines, de photographes, de gens d’action et d’amoureux du plein air.