Solo runner outside

Bouger à l’extérieur tout en gardant ses distances

Nous aimons tous et toutes bouger en plein air, mais la situation actuelle nous oblige à trouver de nouvelles façons de prendre l’air quand et où nous le pouvons.

Bien que Santé Canada nous demande de rester à la maison autant que possible, il nous invite également à sortir pour faire de l’exercice, mais en demeurant à proximité de notre domicile. Comment continuer de s’entraîner à l’extérieur sans nuire à la santé publique? Nous avons demandé au Dr George Farjou, un infectiologue de l’Ontario, des conseils pour profiter du printemps malgré les mesures de distanciation physique imposées pour faire face à la COVID-19.

« L’exercice est bon pour la santé mentale et physique, déclare le Dr Farjou. Il se peut que les mesures de distanciation physique demeurent en place pendant encore plusieurs semaines, voire plusieurs mois, mais il n’est pas réaliste d’attendre le retour à la normale pour faire les activités qui font du bien à notre corps et à notre esprit. »

Remarque : Puisque la situation évolue rapidement, il est important de toujours respecter les directives les plus récentes des autorités locales de santé publique. Ne suivez nos conseils que si : vous ne présentez aucun symptôme de la COVID-19, n’avez pas reçu de diagnostic de COVID-19, n’avez pas voyagé à l’extérieur du Canada dans les 14 derniers jours et n’appartenez pas à un groupe à risque élevé (voir les détails fournis par Santé Canada).

Gardez vos distances

Lorsque vous sortez, pratiquez l’éloignement physique en restant à une distance d’au moins deux mètres des autres. « Faire de l’exercice à des endroits achalandés n’est pas une bonne idée en ce moment », ajoute le Dr Farjou. Deux mètres, c’est l’équivalent de :

  • trois roues de vélo de route placées l’une derrière l’autre;
  • la taille d’un grizzly d’âge adulte;
  • la distance d’un bâton de ski tenu à bout de bras (si la pointe peut toucher une autre personne, vous êtes trop près).

Sortir en solo (ou avec les personnes avec qui vous habitez) est tout à fait acceptable. Profitez de cette occasion pour bouger avec votre famille ou vos colocataires. Allez courir pendant que vos enfants pédalent à vos côtés, sortez promener votre chien, ou invitez votre colocataire à faire une balade à vélo. Sur les trottoirs et les sentiers étroits, respectez l’espace personnel des autres – deux mètres, souvenez-vous – en vous abstenant de les dépasser de près.

Évitez les activités de groupe, comme les sorties de vélo ou de course à plusieurs, et ne faites pas de covoiturage avec des gens qui n’habitent pas avec vous pour vous rendre aux sentiers.

Deux mètres, c’est environ trois roues de vélo placées l’une derrière l’autre.

Restez en contact d’une autre façon

La distanciation physique est nécessaire, mais elle ne nous empêche pas d’interagir autrement. Si vous pratiquez la course à pied, portez un écouteur et bavardez avec vos partenaires qui sont aussi en train de courir (ailleurs). Vous pouvez également vous joindre à de nombreuses séances d’entraînement virtuelles sur Strava ou Zwift.

Maintenez la propreté

Avant de sortir marcher, courir ou pédaler, lavez vos mains en suivant les lignes directrices de Santé Canada. « Apportez du désinfectant pour les mains et évitez de vous toucher le visage en public, ajoute le Dr Farjou. Limitez aussi la durée de votre activité et rentrez dès que vous avez terminé. » D’autres conseils :

  • Si vous éternuez, placez votre coude devant votre bouche et votre nez (oui, même si vous êtes dehors).
  • Mouchez-vous dans un mouchoir et évitez de cracher.
  • « N’oubliez pas de vous hydrater », conseille le Dr Apportez votre bouteille d’eau pour ne pas avoir à utiliser les fontaines publiques.
  • Si vous devez prendre un ascenseur ou traverser à un passage pour piétons, utilisez votre coude, et non vos doigts, pour appuyer sur les boutons.

À votre retour à la maison, lavez encore vos mains tout en profitant d’une dose d’endorphines bien méritée.

Adaptez votre routine quotidienne

Citadins et citadines, nous sympathisons. Si vous vivez dans un quartier populeux, vous devrez peut-être modifier votre circuit de course habituel. « Si l’endroit que vous avez choisi est déjà très fréquenté, allez ailleurs », recommande le Dr Farjou.

Pour surmonter cette épreuve, il faut s’adapter. « Je cours habituellement sur la promenade Seawall, à Vancouver, mais j’ai dû changer complètement mon itinéraire, affirme un employé MEC. Les petites rues près de chez moi simplifient vraiment la distanciation physique, et si je vois quelqu’un approcher, je peux facilement m’en éloigner. »

Vous devrez peut-être aussi sortir à un autre moment de la journée. Les rues sont probablement moins achalandées tôt le matin et tard le soir. N’oubliez pas de rester visible en portant des bandes réfléchissantes ou une lampe frontale, et demeurez alerte (les écouteurs Aftershokz vous permettent d’entendre ce qui se passe autour de vous).

Deux mètres, c’est environ la taille d’un grizzly (mais on vous conseille de ne pas aller vérifier).

Diminuez l’intensité d’un cran

« Il est important d’adapter nos activités à la nouvelle norme qu’impose la distanciation physique, ajoute le Dr Farjou. Nous devons modifier nos attentes pour continuer de bouger sans nuire à la santé publique. »

La North Shore Mountain Bike Association, un des groupes communautaires que MEC appuie, adopte un point de vue qui s’applique tant au vélo de montagne qu’à d’autres activités. « L’exploration des sentiers est un excellent moyen de décompresser, mais peut aussi se terminer par une visite à l’hôpital ou à la clinique si on ne fait pas attention, affirme Cooper Quinn, président de l’association, dans une publication sur Facebook. Ce n’est pas le moment de prendre des risques. »

Pour éviter de vous blesser et d’engorger les hôpitaux, pratiquez des activités à faible risque, diminuez l’intensité et ralentissez.

« Évitez les sports intenses qui peuvent empirer certains troubles de la santé, comme l’asthme, ou entraîner des blessures. En ce moment, il vaut mieux rester loin des hôpitaux où sont traitées de nombreuses personnes atteintes de la COVID-19. » – George Farjou

Informez-vous avant de passer la porte

L’un des principes Sans trace consiste à se préparer et à prévoir, et il est certainement applicable à la situation actuelle. Le Dr Farjou recommande de vérifier avant de sortir si le sentier ou le parc que vous souhaitez visiter est ouvert, puisque la plupart sont actuellement fermés.

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), l’un de nos partenaires communautaires, demande également aux gens de respecter les directives des autorités sanitaires de leur province ou territoire et d’éviter de fréquenter les parcs. Parcs Canada ainsi que les organismes responsables des parcs du Québec, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique ont annoncé des restrictions limitant l’accès aux parcs provinciaux.

Imaginez à quel point il sera merveilleux de retourner dans les parcs, les sentiers, les terrains de camping et les espaces naturels une fois la période de confinement terminée!

Redécouvrez votre quartier

Comme le recommande Santé Canada, limitez vos activités à votre quartier. Tous les organismes publics de prévision des avalanches du Canada ont mis fin à leurs prévisions pour la saison en raison de la COVID-19, et les organisations de recherche et sauvetage invitent les gens à faire preuve d’une prudence accrue en plein air.

Mais vous pouvez tout de même profiter de la nature tout en restant dans votre quartier. Découvrez quelles espèces d’arbres y poussent, explorez les sentiers au parc du coin et décelez les premiers signes du printemps. Voici une bonne idée : Taryn Eyton, ambassadrice MEC (qui serait normalement partie à l’exploration des sentiers de l’arrière-pays), profite de l’occasion pour observer la nature près de chez elle en se mettant au défi de prendre une photo par jour. Suivez-la sur Instagram @happiestoutdoors.

« De nombreux parcs régionaux et de lieux extérieurs sont moins bien entretenus en ce moment, explique Taryn. Et certaines installations sont fermées au public. N’oubliez pas d’apporter un sac pour rapporter tous vos déchets, et suivez les principes Sans trace. »

Au Québec, des barrages policiers et des points de contrôle ont été déployés pour inciter les gens à ne pas se rendre à leur chalet ou dans les régions. « Les afflux de visiteurs peuvent non seulement contribuer à la propagation de la COVID-19, mais peuvent aussi surcharger les petits hôpitaux en milieu rural, affirme la SNAP. N’oubliez pas que vous pouvez transmettre le virus même si vous êtes asymptomatique. »

Deux mètres, c’est environ la distance d’un bâton de ski tenu à bout de bras.

Un corps actif pour un avenir sain

Certaines situations sont hors de votre contrôle, mais au fond, vous savez quoi faire. L’activité physique, une alimentation saine et le repos sont toutes de bonnes façons de prendre soin de vous-même. De plus, selon ParticipACTION, l’activité physique « diminue aussi le temps que nous passons à penser négativement ». Et nous avons tous et toutes besoin de pensées positives en ce moment.

« Je recommande de diminuer l’intensité de vos activités, mais d’accroître tout de même votre fréquence cardiaque pendant 15 à 20 minutes, 3 ou 4 fois par semaine, ajoute le Dr Farjou. Personnellement, je ne tente pas de modifier radicalement mon niveau d’activité ou de forme physique, mais plutôt de préserver ma santé cardiovasculaire et de continuer à solliciter mes principaux groupes musculaires. »

Inspirez-vous de ces conseils pour prendre l’air en toute sécurité. Promenez votre chien au parc du coin, courez dans les rues de votre quartier, faites le tour de votre pâté de maisons à vélo ou étirez-vous sur votre balcon. Mais avant tout, prenez bien soin de vous et de vos proches.

Ça va bien aller.

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Employé·e MEC

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