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5 leçons de vie des courses sur sentier

C’est étrange de me considérer comme une coureuse sur sentier. Si quelqu’un m’avait dit l’an dernier que je participerais à des courses sur sentier, je l’aurais traité de fou. Pourtant, à peine quelques mois plus tard, me voilà à m’entraîner pour ma quatrième course.

Les courses sur sentier organisées sont toutes très différentes, mais une constante demeure : elles aident à mieux se connaître. J’ai donc beaucoup appris sur moi-même, comme être humain et comme coureuse, durant les quelques courses auxquelles j’ai participé. J’aimerais maintenant partager ces découvertes avec quiconque souhaite participer à une course sur sentier.

1. Le corps est capable d’en prendre bien plus qu’on ne l’imagine. Ne laissez pas votre esprit vous dire le contraire.

Lorsqu’on est confronté à des situations difficiles, on se rend compte à quel point cette affirmation est vraie. Ma toute première course sur sentier – une course MEC – s’est déroulée à merveille; le terrain était facile et le soleil était au rendez-vous. Par contre, c’était tout le contraire lors de ma deuxième course. Le temps était froid et pluvieux, et le parcours était terriblement difficile. Il y avait des racines et des pierres glissantes et les virages étaient boueux.

Chaque kilomètre, je pensais abandonner. J’étais à bout de souffle, j’avais la nausée et mes jambes tremblaient. J’essayais de suivre certains coureurs, mais je finissais toujours par me faire dépasser à nouveau. J’étais loin d’être positive : je me demandais pourquoi je me plaçais dans de telles situations, pourquoi je m’étais inscrite et même pourquoi je courais. Je sentais que j’avais sous-estimé l’ampleur du défi.

Or, à un certain moment, je me suis mise à penser à tous les coureurs qui m’inspiraient, et ce simple changement d’état d’esprit m’a suffisamment remonté le moral pour me donner envie de poursuivre. Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, je n’en revenais pas de ce que j’avais accompli. J’étais fière de ne pas avoir abandonné et d’avoir mené la lutte jusqu’au bout. Cette course a été très révélatrice pour moi et m’a montré que j’étais beaucoup plus forte que je ne l’imaginais.

2. Il ne faut pas être trop confiant

C’est facile de prendre de la vitesse et de gagner en confiance quand tout va bien. Lors de ma dernière course, il y avait d’importantes sections en descente. Plus j’en franchissais, plus je prenais de la vitesse, dépassant des coureurs et m’élevant tranquillement dans le classement. C’était grisant. Mais je devais ralentir et me rappeler que chaque fois que j’avais eu un excès de confiance durant mes entraînements, j’avais fini par perdre ma concentration, trébucher et tomber. Je devais faire attention si je ne voulais pas me blesser.

Les courses sur sentier m’ont appris l’importance de rester humble sur le parcours, mais aussi dans la vie – peu importe à quel point je me sens bien à un moment précis – parce qu’on ne sait jamais ce qui nous attend. (Et dans une course sur sentier, il est fort probable que ce soit une autre montée.

3. On récolte le fruit de ses efforts

Je ne m’attendais pas à courir dans 30 cm de neige (et j’étais nerveuse), mais mon entraînement m’a permis de me rendre jusqu’au bout et d’en tirer un souvenir mémorable. Photo : Scott Robarts

J’ai appris que si l’on est suffisamment préparé pour une course, on franchira le fil d’arrivée, peu importe ce que dame Nature ou les organisateurs de la course nous réservent. La veille d’une course en février, il est tombé 30 cm de neige. J’étais terrifiée. J’avais testé le parcours quelques jours plus tôt, mais je n’avais jamais couru dans la neige fraîche.

À ma grande surprise, j’ai pu finir la course sans faire de chute majeure, sans doute parce que mon corps était prêt. Un entraînement et des étirements adéquats, une alimentation saine et un sommeil réparateur sont essentiels pour être en confiance le jour de la course. J’ai aussi participé à quelques ateliers de course MEC, lesquels m’ont largement aidée dans ma préparation. Même si je doute toujours de moi dans un contexte compétitif, j’ai appris à faire confiance à mon entraînement : je sais que si j’y mets l’effort, les résultats en témoigneront.

4. Il faut sourire, même quand ça fait mal !

La course sur sentier a fait de moi une meilleure personne parce qu’elle m’a appris à sourire et à trouver la joie dans des moments de souffrance ou de désespoir. Dans une course, on est entouré de gens qui dégagent une énergie positive. Je n’ai toujours pas trouvé la raison, mais une chose est certaine, je n’ai jamais compétitionné dans une autre discipline où les gens étaient si heureux.

La bonne humeur est contagieuse, et j’ai découvert que sourire – même en pleine côte ou à la fin d’une course, quand je suis épuisée – rend toute expérience bien plus agréable.

5. LE SENTIMENT DE RECONNAISSANCE

Courir sur les sentiers m’a fait prendre conscience de la chance que j’ai de pouvoir courir. Le fait que je puisse bouger tout en profitant de paysages magnifiques et de moments magiques dans la nature est sans contredit une raison pour moi d’être reconnaissante. J’éprouve aussi de la reconnaissance envers la formidable communauté que j’ai appris à connaître par la course sur sentier.

J’ai très hâte de voir ce que mes futures courses m’apprendront de nouveau !

Mel Offner author photo
Mel Offner

Originaire de Toronto et de Montréal, Mel (alias @MelSays) est une nouvelle venue sur la côte ouest. Elle vit pour voyager, surfer et courir et est toujours à l’affût d’une nouvelle aventure en plein air.