Wendy Thompson hut with skiers in front

Comment planifier une excursion de ski en refuge

Lors de ma première excursion de ce genre, j’étais très emballé, si bien que j’ai adopté un rythme assez soutenu tout au long du trajet en ski vers le refuge. Une fois arrivé au refuge, j’avais les pieds en piteux état. C’était la première fois que j’avais des ampoules sur d’autres ampoules… et je me suis juré que ce serait la dernière. L’unique avantage d’être incapable de skier pour le reste de la fin de semaine? La chance de passer quelques jours dans un magnifique refuge au milieu de nulle part.

J’ai appris beaucoup de choses durant cette première excursion et les suivantes (lors desquelles j’ai heureusement fait beaucoup plus de ski). Peu de choses sont aussi amusantes. Les séjours en refuge sont une occasion de profiter d’un lit au bord des pistes, de paysages montagneux à couper le souffle et d’un territoire pratiquement illimité. Mais avant de vous aventurer dans l’arrière-pays avec seulement vos skis et vos pantoufles, lisez les quelques conseils suivants.

Étape 1 : Réservez et ils et elles viendront

Il peut être difficile de convaincre vos ami·e·s à s’engager de partir en excursion à moins de leur présenter un plan concret, comme la confirmation de réservation que vous avez reçue par courriel.

Réserver un refuge auprès du Club alpin du Canada (en anglais) (CAC) ou de la Sépaq est la meilleure façon d’obtenir une réponse ferme de leur part. En plus d’être le principal organisme de montagne du pays, le CAC est l’un des partenaires du volet communauté de MEC et exploite le plus grand réseau de refuges dans l’arrière-pays en Amérique du Nord, notamment en Colombie-Britannique, en Alberta, au Québec et en Ontario. Ces refuges vous donnent accès à un abri confortable, à un endroit propre où cuisiner et dormir, ainsi qu’à de l’eau et à des toilettes. En prime : les membres du CAC ont droit à un rabais sur les séjours en refuge.

Conseil du personnel de MEC : Les gens réservent très tôt dans la saison leurs places en refuge, parfois jusqu’à trois mois à l’avance. Réservez les vôtres dès que possible afin de ne pas avoir à reporter votre excursion l’année suivante.

Wendy Thompson Hut

Le refuge Wendy Thompson est l'un des nombreux refuges que vous pouvez réserver auprès du CAC. Dans le cadre de notre programme du volet communauté, MEC a contribué au financement de plus d'une douzaine de projets de refuge individuel pour le CAC et d'autres groupes de plein air.

Étape 2 : Rassemblez vos troupes

Une fois votre réservation confirmée, il est temps de former un groupe. Adoptez un ton persuasif dès le début en envoyant une invitation impossible à refuser à vos partenaires de ski. Les séances de clavardage en groupe sont une bonne façon d’animer la conversation et de susciter de l’engouement, ce qui augmente les chances que vos ami·e·s acceptent votre invitation tôt.

N’oubliez pas de porter attention à la dynamique de groupe. Il est préférable d’inviter des personnes ayant des affinités et des objectifs semblables. Il n’y a rien de pire que de devoir retarder votre départ le matin parce que vous devez attendre ceux et celles qui ont préféré prolonger leur soirée la veille. De plus, il est essentiel que chaque membre du groupe ait suivi une formation sur la sécurité en avalanche (plus de détails ci-dessous).

Two skiers, one with a frosty mustache and the other wearing goggles

Étape 3 : Faites une liste et vérifiez-la deux fois

Connaissez-vous des gens qui font leurs bagages le matin même de leur départ? J’utilisais cette stratégie par le passé.

J’ai arrêté la fois où j’ai oublié mes peaux d’ascension alors qu’il venait de tomber 25 cm de neige à Revelstoke. Lors d’un autre voyage, j’ai oublié mes pantoufles et j’ai dû porter les chaussons de mes bottes de ski tout le week-end. J’ai retenu la leçon et je suis maintenant un fervent défenseur des listes et de l’organisation. Quand je planifie un séjour en refuge, je commence par faire une liste pour le ski de haute route et une liste pour le camping d’hiver.

En plus des articles évidents (skis, peaux d’ascension, sac de couchage), n’oubliez pas les éléments suivants :

  • Votre matériel de sécurité en avalanche (apprenez aussi à l’utiliser). Cet équipement est absolument nécessaire. N’oubliez pas de vérifier la pile de votre DVA.
  • Du café. En plus d’être léger, il peut grandement adoucir les humeurs. Apportez-en beaucoup et assurez-vous d’avoir une cafetière Aeropress ou deux pour votre groupe.
  • Une trousse de premiers soins. Ajoutez-y des fournitures pour soigner les ampoules et traitez-les dès que vous sentez un point de pression. Ce n’est pas très agréable d’enlever vos bottes dans la neige, mais vous le regretterez si vous ne le faites pas.
  • Des chaussettes de ski confortables. Si vous n’avez pas encore essayé les chaussettes de Dissent Labs, rendez-vous service et achetez-en une paire. Ce sont les seules chaussettes de ski dont vous aurez besoin, et vous ne risquerez pas d’être confiné au refuge tout le week-end à cause de vos ampoules.

Conseil d’un ambassadeur MEC : Mon secret pour les séjours en refuge : des serviettes humides. Elles sont des incontournables après une longue journée sur la piste d’ascension. – Reuben Krabbe

Skier in deep powder

Étape 4 : Préparez des repas appétissants

Les mets lyophilisés méritent certainement leur place dans votre sac lors de plusieurs aventures. Mais à moins que la randonnée jusqu’au refuge soit très longue ou que vous misiez sur le minimalisme, je vous conseille d’apporter de la meilleure nourriture. Le souper est l’occasion parfaite de partager les meilleurs moments de votre journée de ski. Je suis d’avis que ça vaut la peine de souffrir un peu pendant le trajet initial si je peux profiter d’un bon après-ski avec un plateau de charcuteries et des boissons bien froides.

Ma recommandation? Divisez votre groupe en petites équipes et demandez à chacune de planifier un repas pour nourrir tout le groupe. En plus de vous éviter de devoir cuisiner tous les soirs, vous aurez la chance de goûter un plat que vous n’auriez normalement pas préparé. Cette méthode a aussi tendance à faire ressortir le côté compétitif des gens, ce qui augmente vos chances de savourer un succulent cari de tofu épicé, servi sur un risotto à l’ail et accompagné de pain nan.

Enfin, il se peut que vous partagiez le refuge avec un autre groupe (ou quelques rongeurs). N’oubliez pas de bien nettoyer après chaque repas et d’apporter vos déchets avec vous à la fin de votre séjour.

Conseil d’un ambassadeur MEC : Lors de mes excursions, mes plats de pâtes et de légumes frais ont vraiment été un succès. Je ne crois pas qu’ils auraient déclenché une ovation debout à la maison, mais en refuge, c’était un vrai délice. Je me souviens très bien de la fois où j’ai apporté un concombre au refuge du lac Watersprite. Il était complètement congelé lorsque je suis arrivée. J’ai appris ma leçon! – Jessa Gilbert

Person making dinner on a wood stove in a backcountry hut

Étape 5 : De la belle poudreuse vient avec de grandes responsabilités

Avant de vous aventurer dans l’arrière-pays en hiver, vous devez absolument prendre certaines mesures de sécurité.

Commencez par suivre un cours d’Avalanche Canada ou Avalanche Québec. MEC est fière de présenter le programme de formation en sécurité en avalanche d’Avalanche Canada. Après le cours, simulez divers scénarios de sauvetage avec votre groupe et continuez de vous exercer avec votre matériel.

Il est aussi important de faire des recherches sur le secteur que vous visiterez et de consulter les conditions récentes. Apportez une boussole, un GPS et une carte affichant les itinéraires populaires. La plupart des adeptes de ski savent que le versant nord est toujours préférable au versant sud, mais cette information est seulement utile si on sait où est le nord. En connaissant bien le secteur, les conditions de neige et les itinéraires potentiels, vous aurez plus de chances de trouver les pentes les plus exaltantes (et les plus sécuritaires).

Skier holding a beacon the backcountry

DVA en fonction

Étape 6 : Prévoyez d’autres activités que le ski

Les jeux sont une excellente façon de passer vos soirées. Beaucoup de refuges sont équipés d’un jeu de cartes, mais il peut être amusant d’apporter des jeux auxquels tout le monde peut participer. Le soleil se couche tôt, alors pourquoi ne pas apprendre à connaître les membres de votre groupe?

Conseil d’une ambassadrice MEC : J’apporte toujours un appareil photo à pellicule et un carnet de dessin. Dessiner en plein air m’aide à ralentir mon rythme et à mieux observer mon environnement. L’appareil photo me permet de faire durer le plaisir entre le moment où je prends une photo et celui où je fais développer la pellicule… ce qui arrive habituellement des mois plus tard. Surprise! – Jessa Gilbert

Fun group of skiers in the backcountry

Conseils en rafale : règles d’étiquette en refuge

Voici quelques éléments à garder en tête lorsque vous partagez un espace restreint au milieu de nulle part.

  • Ne mettez pas trop de bûches dans le poêle à bois avant d’aller vous coucher (à moins que vous vouliez vraiment avoir trop chaud au moment d’aller au lit et de vous réveiller gelé·e).
  • Apportez de bonnes collations à partager. Le ski est une activité exigeante et votre corps aura besoin de plus de calories.
  • Partagez l’espace. C’est agréable de s’asseoir sur le banc confortable à la table la mieux garnie, mais c’est agréable pour tout le monde. Libérez ce siège convoité de temps à autre.
  • Évitez de vous habiller trop chaudement avant de chausser vos skis. Vous commencerez à vous réchauffer après environ dix minutes sur la piste d’ascension. Gardez ce fait en tête et habillez-vous en conséquence. Il n’y a rien de pire que de devoir arrêter le groupe toutes les dix minutes pour enlever une couche.
  • Participez aux corvées. Vivre en refuge, c’est un peu comme vivre sur une ferme. Sauf que plutôt que d’aller chercher de l’eau dans un ruisseau, on doit faire fondre de la neige, et plutôt que de couper du bois… en fait, il faut aussi couper du bois.
  • Enfin, enlevez vos bottes avant d’entrer dans le refuge pour éviter de mouiller le plancher et les pantoufles des autres. (Et n’oubliez pas vos bottillons Hut).
Dennis Begley
Dennis Begley

Ambassador team leader, content creator and mid-pack ultrarunner who understands the importance of a lengthy taper. If there’s any gnar around, chances are he’s shredding it.