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Planifier une excursion de ski en refuge

26 janvier 2023

Articles trouvés dans Activités, Astuces et conseils

Quel est le secret le mieux gardé des séjours de ski dans l’arrière-pays? C’est que le ski n’est qu’un prétexte.

« Les adeptes de ski dans l’arrière-pays sont unanimes : l’allée jusqu’au refuge est la moitié du plaisir, explique notre partenaire du Club alpin du Canada (CAC) qui exploite le plus grand réseau de refuges dans l’arrière-pays en Amérique du Nord. On considère généralement que le ski est le principal objectif des expéditions dans l’arrière-pays, en s’imaginant que le refuge est accessoire : un endroit où dormir, manger et faire sécher son matériel. En réalité, les moments qu’on y passe avec la famille et les amis sont souvent les plus mémorables du voyage. »

On ne pourrait dire mieux. Si le souvenir des nuits que vous avez passées dans des refuges comprend aussi quelques descentes dans la poudreuse, c’est merveilleux.

Pour vous aider à vous préparer, nous avons fait appel à Bruce Kirkby et à Yuki Tsubota, ambassadeurs MEC, à la photographe de plein air Johany Sergerie, ainsi qu’à nos partenaires du CAC pour obtenir des conseils sur la préparation, la réservation des refuges et LE produit à apporter à part l’équipement de ski.

Préparez votre groupe

Tout d’abord, réunissez un groupe de personnes dont les personnalités sont compatibles. Après tout, vous partagerez un espace restreint. « Choisissez des gens avec qui vous avez envie de passer du temps, de cuisiner et de vivre, et pas seulement de skier », précise un représentant du CAC.

En plus d’être agréables et bons en ski, les membres du groupe doivent absolument avoir suivi un cours de sécurité en avalanche (CSA). Commencez par suivre l’un des cours donnés par Avalanche Canada (MEC est fière d’être le principal commanditaire de leur programme de formation) ou par Avalanche Québec. Ensuite, exercez-vous en groupe à utiliser votre matériel de sécurité et à développer vos compétences. Faites aussi des recherches sur l’endroit où vous allez et informez-vous des conditions de neige.

Vous n’avez jamais exploré l’arrière-pays? Lisez l’introduction à la sécurité en avalanche d’Avalanche Canada ou regardez le tutoriel en ligne, AvaAvisé, avant de suivre un cours CSA.

Snowboarder holding up blue iPhone in the forest

Photo : Avalanche Canada

« Veillez à ce que votre groupe comprenne quelques habitué·e·s de l’arrière-pays, pas seulement des débutant·e·s. Et surtout, vérifiez que tout le monde partage la même tolérance au risque et les mêmes objectifs. » – Bruce

Planifiez aussi le matériel en groupe. « Il est important d’avoir le matériel requis selon la saison et les conditions météorologiques pour sa sécurité, et surtout de l’eau potable pour ne pas se déshydrater, même en hiver, nous dit Johany. Toutefois, un sac trop lourd peut devenir irritant à la longue. » Si possible, partagez certaines choses entre les membres du groupe pour alléger la charge de tout le monde.

Réservez tôt

Les places en refuge peuvent partir rapidement. Si possible, faites vos réservations quelques mois à l’avance. Astuce : les membres du CAC ont droit à une période de réservation avant les non-membres et profitent d’un rabais d’environ 10 $ par nuit. « Vérifiez la politique d’annulation des refuges avant de réserver, suggère Yuki. Si elle est flexible, ce sera plus facile pour le groupe, surtout si vous êtes nombreux, de planifier sachant que quiconque peut se libérer à tout moment. » Rassemblez les renseignements de chaque personne (noms, coordonnées, numéros de membre) avant d’appeler pour réserver.

Comme les refuges doivent généralement être réservés très longtemps d’avance, prévoyez diverses options. « Si les conditions météorologiques ou d’avalanche ne sont pas en votre faveur le jour du départ, il est important d’avoir un plan B qui convient à l’ensemble du groupe, plutôt que de vous retrouver dans des conditions dangereuses sous prétexte de suivre un plan fait des mois plus tôt », explique Bruce.

Wood cabin in the winter

Photo : Club alpin du Canada, Bill Putnam (Fairy Meadow)

« L’adhésion au CAC est ouverte à tout le monde, donc si vous réservez un refuge pour quatre ou cinq nuits, vous remboursez votre adhésion. » – Un partenaire du CAC.

Person in a cabin reading a map

Photo : Bruce Kirkby, Ambassadeur MEC

Donnez de l’amour à vos repas

Si le poids n’est pas un enjeu, oubliez les repas déshydratés et apportez des aliments frais. Nous avons entendu parler de certains repas gastronomiques en refuge, allant d’une dinde entière au refuge Wendy Thompson à une fondue au fromage pour vingt personnes.

Le partage des repas en groupe est génial. Créez un document dans Google Docs pour répartir la tâche des repas (cela évitera qu’une seule personne soit responsable de cuisiner tous les soirs). Apportez aussi assez de café et de collations, ainsi que des extras à partager. « J’atteins assez rapidement la limite de barres et de sucreries que je peux avaler dans une journée, explique Bruce. J’ai toujours un sac de noix, des gendarmes et du fromage à portée de main ».

People in a cabin sitting at tables and eating

Photo : Club alpin du Canada, Conrad Kain

« Mon repas préféré en refuge c’est le macaroni au fromage de Annie’s avec une boîte de thon. Mais cette année, je veux vraiment essayer certaines des recettes de Colin Yen @campwithcol. » – Yuki

People skiing on top of a snowy mountain in the winter

Photo : Kathy N., employée de MEC

Règles d’étiquette en refuge

En quelques mots : participez, soyez respectueux et rapportez toute la nourriture non consommée. Afin que tout le monde passe un moment mémorable, il est important d’agir en bon colocataire. Cela fait toute la différence. L’étiquette en refuge est tellement importante que le CAC a écrit un article de blogue en deux parties (en anglais) qui contient des récits de membres et des conseils. Voici quelques exemples :

  • Offrez un accueil chaleureux : Lorsque de nouvelles personnes arrivent, aidez-les : montrez-leur comment se procurer de l’eau et où mettre les aliments, et donnez d’autres conseils utiles.

  • Participez aux tâches : Remplissez les seaux d’eau, transportez du bois et nettoyez la vaisselle sale même si elle ne vous appartient pas. Tout cela vous reviendra.

  • Respectez le couvre-feu : « Je comprends que des gens ont envie de veiller tard, mais faites-le avec respect, dit Yuki. Il n’y a rien de pire que de commencer une journée de ski à l’aube quand on a mal dormi ».

« Une fois la nuit tombée, prenez votre doudoune et votre appareil photo, et sortez. Si le ciel est clair, cela vaudra l’effort. On peut prendre des photos incroyables le soir, dans l’arrière-pays. » – Bruce

Wood cabin in a winter forest at night

Photo : Club alpin du Canada, A.O. Wheeler

Le bon équipement

Consultez notre liste de vérification pour le ski de haute route afin de ne rien oublier de votre équipement de base et du matériel de sécurité. Ensuite, planifiez votre confort : tout ce dont vous avez besoin quand vous êtes au refuge. Voici quelques conseils de nos spécialistes :

  • Bottillons Hut : « L’incontournable pour tout séjour en refuge, quelle que soit la saison. Il n’y a pas de mauvais moment pour les porter », déclare notre partenaire du CAC. C’est comme des sacs de couchage pour les pieds; ils sont sur toutes les listes des produits confortables.

  • Pyjamas douillets : « J’utilise des sous-vêtements longs et confortables, généralement des couches de base T2 de MEC », confie Bruce.

  • Sac de couchage d’hiver : « Même si on dort en refuge, les nuits peuvent être très froides, alors il est important d’avoir un sac de couchage pour ce genre de température, comme le Talon de MEC », explique Johany.

  • Jeux : Les jeux compacts sont un excellent moyen de rencontrer des gens et de passer le temps. Des favoris? Bananagramme, le jeu de cochons, le jeu de cartes Monopoly, Uno ou le crible de voyage.

  • Les petits plus : Le désinfectant pour les mains, les masques faciaux, les bouchons pour les oreilles et le papier de toilette, par exemple.

Four people in yellow, blue and black sleeping bags in the snow

Photo: Marie-Pier, employée de MEC

Vous voulez en savoir plus au sujet des refuges du CAC?

MEC est partenaire du CAC depuis longtemps, et son financement annuel soutient les programmes de diversité et d’inclusion, les programmes de subventions du CAC, ainsi que la gestion et l’entretien de son réseau de refuges. Nous avons demandé au CAC de nous fournir quelques renseignements sur les refuges pour vous aider à planifier vos séjours en toute saison (oui, les refuges sont également parfaits pour la randonnée d’été) :

  • Chauffage et repas : Tous les refuges du CAC sont équipés de poêles (à combustible), de matelas et d’ustensiles de cuisine. La plupart sont chauffés au poêle à bois ou au propane (fourni).

  • Le plus éloigné : Le refuge du Cercle des Glaciers dans le chaînon Dawson, au parc national des Glaciers. Il faut une journée entière pour s’y rendre, en passant par le glacier Illecillewaet, et des compétences en alpinisme.

Wood cabin in the forest

Photo: Club alpin du Canada, Glacier Circle

  • Le plus facilement accessible : Le refuge Arthur O. Wheeler s à Roger’s Pass se trouve à une courte distance de marche du stationnement, en été.

  • Le plus grand et le plus petit : Le refuge Conrad Kain dans les Bugaboos peut accueillir 35 personnes et le refuge du col Sapphire à Roger’s Pass ne peut accueillir que 4 personnes.

Hiker looking at a snowy mountain with a camera

Photo : Club alpin du Canada, Sapphire Col

  • La bécosse qui offre la plus belle vue : Le refuge Castle Mountain n’est ouvert qu’en été, mais on ne pouvait pas passer à côté. Imaginez une bécosse en bordure d’une falaise de 300 m de hauteur offrant une vue à 180 degrés sur toute la vallée de Bow.

Voici aussi quelques suggestions de Johany pour découvrir le Québec :

  • Refuge Cap Gribane, à Saint-Tite-des-Caps : Le Sentier des Caps de Charlevoix offre plusieurs options de randonnée avec nuitée en refuge qui peuvent s’avérer une belle première expérience pour les personnes qui veulent s’initier. Le refuge est aussi accessible l’hiver en raquette.

  • La vallée des Fantômes, au parc national des Monts-Valin (SÉPAQ) : Le parc propose des itinéraires d’une à trois nuitées pour les téméraires qui parcourent des kilomètres en raquettes ou en ski de fond dans un paysage où l’on se sent dans un véritable conte de fées.

  • Parc national de la Gaspésie (SÉPAQ) : « Cette région occupe une place spéciale dans mon cœur, confie Johany. On est chanceux d’avoir autant de choix, dans notre belle région de Québec. »

Bon séjour dans l’arrière-pays!


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