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Le sentier d’hiver SJAM : paradis hivernal d’Ottawa

Notre objectif est d’inspirer les gens à être actif en plein air. Toutefois, si vous habitez dans une grande ville et que vous n’avez pas accès à un véhicule, vous risquez d’avoir du mal à sortir des artères urbaines pour vous rendre en grande nature. Donc, lorsque nous entendons parler de projets conçus pour éliminer les obstacles empêchant les gens de passer du temps dehors, comme le sentier d’hiver Sir-John-A.-MacDonald (SJAM) d’Ottawa, nous sommes tout ouïe. Instigateur du projet, Dave Adams continue de le gérer et de l’entretenir. Il nous dit comment il se sent d’avoir participé à la création d’un nouveau projet de sentier récréatif hivernal accessible en transport en commun dans la capitale nationale.

Comment aimez-vous profiter du plein air ?

J’aime pouvoir me rendre facilement aux endroits où je pratique mes activités de plein air. Je n’ai pas envie de me casser la tête ou de consacrer beaucoup de temps à la planification ou de parcourir de longues distances pour me rendre aux endroits où je fais du plein air. Et c’est pourquoi le sentier d’hiver SJAM est si merveilleux : il est situé en plein centre-ville d’Ottawa et il est accessible par transport en commun.

Quelles activités pouvez-vous pratiquer sur le sentier ?

Le sentier d’hiver SJAM est un chemin urbain récréatif qui est ouvert aux modes de transport à propulsion humaine. Il est damé pour accueillir les amateurs de ski de fond, de raquette et de fatbike, ainsi que les marcheurs.

Le sentier a ouvert à l’hiver 2016 comme projet pilote. Sera-t-il ouvert chaque hiver ?

Le projet pilote lancé en 2016 a été un véritable succès. J’ai emprunté de l’équipement de mon club de ski local pour damer le sentier le long de la rivière des Outaouais sur un terrain de la Commission de la capitale nationale. Personne n’avait jamais amorcé ce type de projet par le passé. Du coup, la nouvelle s’est propagée comme une traînée de poudre. Les gens ont arrêté leurs activités et se sont précipités dehors pour skier.

À ce moment-là, nous savions que nous ne pouvions plus reculer, et aujourd’hui, le projet poursuit sa lancée. Et oui, l’objectif est que le sentier soit ouvert chaque année. Le sentier d’hiver SJAM a transformé cet espace en installation récréative quatre saisons.

Quel est l’aspect le plus étonnant ou le plus difficile durant l’opération de damage du sentier SJAM ?

Commençons avec l’aspect « étonnant ». J’ai été époustouflé par le degré élevé de civilité que j’ai observé sur le sentier. J’ai vu des skieurs, des randonneurs, des cyclistes et des raquetteurs partageant le sentier en toute harmonie.

Réunir des fonds pour le sentier a été le plus gros défi, mais je m’y attendais. Gérer les changements climatiques a été le prochain défi. En raison de fortes fluctuations de températures et de conditions de neige incertaines, nous avons beaucoup de mal à entretenir le sentier et le garder en bon état durant tout l’hiver.

Quel est le rôle du Dovercourt Recreation Centre dans le projet du sentier ?

Dovercourt joue un rôle essentiel dans le succès du sentier d’hiver SJAM en achetant de l’équipement et des assurances en plus de délivrer des reçus fiscaux pour activités de bienfaisance.

De plus, à titre d’établissement bien connu à Ottawa, Rovercourt a donné de la crédibilité au projet. Avoir le soutien de Rovercourt et de son conseil d’administration m’a ouvert des portes. Sans l’aide de Dovercourt, le sentier d’hiver SJAM n’aurait été qu’une simple idée.

Est-ce que beaucoup de bénévoles participent à l’entretien du sentier ?

Le sentier d’hiver SJAM est essentiellement géré par des bénévoles. Nous n’avons tout simplement pas d’argent pour payer les gens. Des comptables, des graphistes, des mécaniciens, des spécialistes des médias sociaux et du Web, des lobbyistes, des réviseurs, des consultants en gestion et des personnes qui dament les pistes ont tous contribué à rendre ce projet possible.

Qu’est-ce qui vous inspire à faire ce travail ?

Les histoires personnelles de personnes qui utilisent le sentier d’hiver SJAM. Des personnes qui se remettent de blessures sérieuses m’ont dit qu’elles utilisaient le sentier durant leur période de convalescence. Des parents au foyer m’ont dit qu’ils se sentaient coincés, car ils n’avaient pas l’argent ou le temps de se déplacer sur de longues distances pour aller skier. J’ai souvent entendu des personnes dire : « Avant de découvrir le sentier d’hiver SJAM, je n’avais pas fait de ski de fond depuis 40 ans. Vous avez changé ma vie. »

C’est arrivé plus d’une fois qu’un utilisateur du sentier m’a fait pleurer. Ça me touche et je m’inspire de ces histoires.

Pouvez-vous partager une histoire relative au sentier ?

Une journée alors que je travaillais sur le sentier, une femme avec des larmes qui coulaient le long de son visage m’a approché. Je ne la connaissais pas, mais à ma surprise, elle m’a donné un gros câlin. Après avoir repris son calme, elle m’a expliqué qu’elle avait été gravement blessée dans un accident, ce qui lui a fait perdre son permis de conduire. Du coup, son mode de vie a radicalement changé. Elle a été confinée à son domicile et a fait le deuil de son ancien style de vie. Même si elle savait que de l’activité physique l’aiderait à se remettre de sa blessure, elle ne savait pas où aller et c’était l’hiver. Puisqu’elle ne voyait aucune solution en vue, elle a commencé à déprimer. Puis, elle a découvert le sentier d’hiver SJAM qui était situé à seulement quelques minutes à pied de son appartement. Elle m’a regardé dans les yeux et m’a dit que le sentier lui avait sauvé la vie.

Je n’aurais jamais imaginé que la santé physique et mentale, et le bien-être d’une personne pourraient être si tributaires d’un sentier récréatif hivernal.

Quand êtes-vous devenu membre de MEC ?

Je me souviens d’être devenu membre de MEC lorsque la coopérative a mis en vente pour la première fois ce sac à dos simple et bien conçu en Cordura. C’était l’un de vos produits emblématiques à l’époque où il y avait seulement deux magasins, à Vancouver et à Toronto. Oui, je trahis mon âge.

À quel point fait-il froid ? Comment faites-vous pour rester au chaud lorsque vous êtes dehors toute la journée ?

S’activer dans des conditions extrêmes de froid fait partie du travail. Il n’est pas inhabituel de damer des pistes à la noirceur lorsque le mercure chute à -35 °C avec le refroidissement éolien. Et je suis tout à fait confortable et à l’aise dans ces conditions.

Mes bottes d’alpinisme en plastique, mon manteau en duvet, mon cache-cou et mes couches multiples sont des vêtements essentiels. Les vêtements en laine mérinos assurent une excellente évacuation de l’humidité, alors que les vêtements en coton devraient être portés à la maison dans un environnement où la température est contrôlée.

Avez-vous des conseils pour les personnes qui veulent pratiquer des activités hivernales pour la première fois ?

Surveillez les ventes-débarras et le Grand Marché MEC pour trouver des skis ou des raquettes d’occasion. Vous pouvez aussi emprunter l’équipement d’un ami ou louez du matériel pour votre première fois. Une fois que vous aurez attrapé la piqûre, vous pourrez acheter votre propre matériel.

Puisque le sentier d’hiver SJAM est gratuit et accessible en transport en commun, vous pourrez essayer un nouveau sport d’hiver sans vous ruiner et sans vous engager.

MEC est fière d’avoir versé 20 000 $ pour soutenir le damage du sentier d’hiver SJAM et aider Dave et son équipe à rendre cette région récréative accessible toute l’année.


Dave Adams

Dave Adams est l’architecte du sentier d’hiver Sir-John-A.-Macdonald en plus d’être responsable du damage. Ancien fondeur de niveau compétitif, il prône la pratique du ski de fond comme saine habitude de vie.