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La petite histoire de MEC

En 1971, un groupe d’alpinistes de la côte Ouest décidait de lancer une entreprise, mais en faisant les choses un peu différemment. Le résultat : un modèle de vente au détail non conventionnel devenu une entreprise prospère. L’ascension n’a pas toujours été facile ; nous avons affronté de terribles tempêtes.

Même si nous sommes aujourd’hui un peu plus vieux et un peu plus sages, nous puisons toujours dans nos racines en faisant avancer les choses, en négociant nos affaires de façon équitable, en trouvant notre force dans la communauté et en incitant les Canadiens à partir à l’aventure.

Vers la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, l’escalade n’était pas encore très populaire, ce qui rendait le matériel rarissime. Les grimpeurs et les alpinistes de Vancouver voulant s’attaquer aux montagnes de la région devaient faire des pieds et des mains pour s’approvisionner en cordes et en piolets, sans compter les prix exorbitants. C’est pourquoi la plupart des voyages d’escalade commençaient d’abord par un détour de l’autre côté de la frontière, au magasin REI à Seattle.

Une idée voit le jour

L’idée d’offrir du matériel de plein air au Canada a germé lors d’un voyage au mont Baker en 1970 alors qu’un groupe de quatre grimpeurs s’est retrouvé coincé au camp de base par une pluie battante. Sans rien d’autre à faire que de discuter, ils jonglent avec l’idée d’ouvrir un magasin d’équipement de plein air à Vancouver. Au cours des jours suivants, la chimère prend forme et les quatre compères s’engagent à ouvrir au Canada un magasin à l’image de REI, une coopérative à maigres profits et aux idéaux démocratiques.

« Le modèle économique de la coopérative me semblait aussi viable que celle d’une entreprise privée. »
Jim Byers, membre fondateur de MEC

Avant de pouvoir lancer ses opérations, le groupe devait d’abord ébaucher un plan pour acquérir un capital de départ. Ils examinent d’abord une structure qui aurait surtout profité à ses fondateurs : un groupe de dix à douze personnes vendant de l’équipement au public. Finalement, ils décident de donner à leur entreprise la forme d’une coopérative de consommation qui émettrait un nombre illimité de parts de membre à valeur égale, et qui vendrait du matériel pour l’escalade, l’alpinisme, le ski de montagne et la randonnée. On décide donc de fixer à 5 $ le coût de la carte de membre, mais avec ce maigre fonds de roulement, les membres doivent payer leurs achats d’avance et faire confiance à MEC pour livrer la marchandise.

Les premières années

Au tout début, REI et MSR, une autre petite entreprise basée à Seattle, ont accepté de vendre au petit groupe du matériel au prix du gros. Avec une maigre marge bénéficiaire de 20 %, la nouvelle coopérative pouvait maintenant acheter en gros, payer les déplacements et les dépenses encourues tout en restant compétitive sur le marché de Vancouver. Peu à peu, il fut possible d’acheter du matériel sans avance de paiement. Les membres fondateurs se rendaient aux réunions des clubs de plein air pour montrer le matériel, discuter avec les gens et vendre l’idée de la coopérative.

Durant les trois premières années, MEC était gérée uniquement par des bénévoles. Ce n’est qu’à partir de 1974, lorsque l’entreprise a eu les moyens d’ouvrir un magasin et de tenir un inventaire, que les employés ont pu toucher un salaire. Bien sûr, les premiers magasins avaient pour objectif de vendre de l’équipement, mais au départ, ils étaient surtout un endroit pour planifier des sorties, solliciter des conseils et échanger sur les produits.

Petit rêve devenu grande réalité

Au début, les choses n’étaient pas faciles. Des conflits ont surgi et l’argent se faisait rare. De plus, certains fournisseurs refusaient de vendre à cette entreprise qui ne respectait pas les prix suggérés. Mais au bout du compte, la philosophie d’affaires que prônait la coop a fait son chemin. Certaines personnes étaient prêtes à investir temps et énergie, et à devenir de fidèles clients.

Forte de la confiance qu’accordait une poignée de membres à cette coopérative, MEC est devenue au fil du temps une entreprise prospère.